Samedi, 8 décembre 2018

Marche pour le Climat - La Part du Colibri

A l'appel de l'Association Climat Neuchâtel, nous avons été des centaines à défiler bruyamment dans les rues de notre chef-lieu pour sonner - une fois de plus, une fois de trop - l'alarme. Reprise du discours de notre porte-parole, donné à la Place des Halles ce samedi.

Par Maxime Auchlin, député-suppléant au Grand Conseil

 

Cette année a vu l’un des étés les plus secs de l’histoire en Suisse. Il y a quelques jours, nous enregistrions 14°C en plaine au début de mois de décembre. Ailleurs, on observe des phénomènes climatiques violents, destructeurs, toujours plus fréquents. Des villes sont constamment noyées dans un nuage de smog, au point que l’on doive fermer les écoles pendant plusieurs jours, comme c’est arrivé le mois dernier à New Delhi, parce que la nature n’arrive simplement plus à éliminer les perturbations causées par l’activité humaine.

 

Et quelle est la réponse des autorités en place ?

 

La 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP24 de son petit nom, s’est ouvert cette semaine, et personne n’en attend le moindre résultat. Détail piquant : elle se tient à Katowice en Pologne, pays grand consommateur de charbon.

 

En Suisse, dans le même temps, la majorité UDC/PLR au Parlement juge inopportun de suivre la proposition du Conseil Fédéral visant à taxer le CO2 plus fortement.

 

Polluez y'a rien à voir.

 

Mercredi dernier, nous avons eu l'élection au Conseil fédéral de deux femmes de qualité, avec deux profils jugés ultra-compétents... Il y a cependant un domaine où il leur reste une sérieuse marge de progression au moment d’entrer au gouvernement. Oui, vous l’avez deviné : leur intérêt pour les défis environnementaux est encore à l’état embryonnaire, si on veut être optimiste sur ses chances de développement futur. Il suffit d'observer leurs positionnements politiques (ou smartgrids) tels qu’ils ont été publiés sur le site de la RTS pour se rendre compte que jusqu’ici, elles n’accordent qu’une importance très relative aux questions climatiques et liées à la protection de l'environnement. On leur accordera toutefois le bénéfice du doute : au fond, Doris Leuthard a fait son coming out anti-nucléaire qu’après Fukushima… Espérons que nos nouvelles conseillères fédérales n’auront pas besoin d’attendre les prochaines catastrophes pour réveiller leur conscience.

 

Car Il est absurde de parler encore et toujours de la nécessité d’une prise de conscience écologique en 2018. Les faits sont là, leur causalité avec l’activité humaine est démontrée. Et pourtant on observe toujours ce décalage insensé, auprès d'une frange encore trop importante de nos décideurs, entre ce qu’il est nécessaire de faire, toujours plus urgemment, et la priorité qui est donnée aux intérêts particuliers à court terme par nos gouvernements – ici comme ailleurs – et malheureusement aussi par celles et ceux qui les élisent.

 

Il y a le feu à la savane, et on ne fait toujours pas assez.

 

La protection du climat ne peut plus, depuis longtemps, être taxée de « lubie d'écolo » : c'est en fait une bataille de longue haleine pour le maintien de notre qualité de vie. L'écologie ne devrait pas être un sujet exotique d'un ou l'autre bord politique : mais un enjeu de société qui devrait toucher tout le monde. On le voit : on ne peut encore compter que très modérément sur l’Etat, et plus largement sur notre système, pour embrasser la transition écologique. Les élections fédérales de l’année prochaine seront pourtant une excellente occasion pour faire entendre notre voix et pour que les choses changent, même si cela prend du temps et que nous en avons de moins en moins.

 

C’est aussi pour cela que des actions citoyennes comme cette marche pour le climat indispensable. Merci aux organisateurs de cet important rendez-vous à Neuchâtel !

 

En Suisse, les politiciens, ce sont avant tout les citoyennes et les citoyens, qui font entendre leur voix. Chaque geste, de chacune et chacun d’entre nous, même le plus petite, compte beaucoup. Comme le raconte Pierre Rabhi dans la Part du Colibri : dans la savane en feu, seul le colibri fit l'effort de chercher un petit peu d'eau dans son bec pour tenter d'éteindre l'incendie, sous les quolibets des autres animaux qui se disaient : à quoi bon ?

 

Le colibri leur répondit : au moins, je fais ma part.

 

Nous sommes toutes et tous des colibris, et nous sommes nombreux. Nous, les colibris vert’libéraux, nous avons décidé de faire notre part, de nous battre et de soutenir toutes les personnes de bonne volonté pour qu’elles puissent faire la leur. C'est à nous de nous activer, à notre échelle, pour faire bouger les choses. Si le mouvement de fond prend toujours plus d’ampleur, et il le fait, rien ne pourra l’arrêter.

 

Maintenir sous 2°C l'augmentation générale de la température d'ici 2100 semble de plus en plus compliqué à atteindre, mais il n'y a pas de fatalité. Nous sommes convaincus que nous y arriverons.

 

Par nos gestes quotidiens, notre engagement individuel, notre combat politique, toutes et tous avec les moyens qui nous sont propres, chacune et chacun selon ses possibilités, mais à condition d’y mettre tout notre engagement. Nous devons y arriver. C'est toujours dans l'adversité que l'humanité a mobilisé ses ressources et donné le meilleur d’elle-même.

 

Et rappelons-nous que cette planète ne nous appartient pas : elle nous a seulement été confiée en prêt, et nous avons la responsabilité de la transmettre à nos enfants et nos petits-enfants.

 

Mais c'est maintenant qu'on doit mettre le paquet.